Regarde le monde
CRÉDITS
Guitare et voix : Guillaume Beauregard
Guitare et voix : Marie-Eve Roy
Basse : Maxime Beauregard
Batterie : Mathieu Lecours
Saxophone sur « Petit patapon » : Jean-François Payant
Trompette sur « Régurgiter le système » : Éli Bissonnette
Voix sur « La nuit sera longue » : Franz Schuller
Paroles et musique : Vulgaires Machins
Réalisation : Pierre Rémillard et Vulgaires Machins au Studio Victor et sur la rue Jeanne-Mance à Montréal en février et mars 2000
Mixage : Pierre Rémillard
Mastering Ryan Morey
Illustration et graphisme : Richard Bélanger
Photo de couverture : Steve Lévesque
Parution originale (2000) sous l’étiquette Indica Records
Réédition en vinyle (2022) sous l’étiquette Costume Records
PAROLES
Je peux partir mon char
Quand j'suis pas dans la cour
Mais je ne sais pas encore quoi faire avec l'amour
Mes yeux sont avides
Mon cœur est mort
Et sur le sol, seul, je déplore
Le ciel est vide
La putain de paye
Le putain de char
On tourne toujours autour de la même patente
Douleurs au ventre
Tu dis que le bonheur est dans la poche
Celui qui de loin démarre son camion
Ou bien il crève ou bien il mord à l'hameçon
De plus en plus, de plus en plus gros
Quand ils auront toute mangé la laine qu'on a sur le dos
On aura des bébelles du plancher au plafond
De la cave jusqu'au grenier mais pas de raison d'exister
Pas de raison d'exister
Mes yeux sont avides
Mon cœur est mort
Et sur le sol, seul, je déplore
Le ciel est vide
Je prends le temps de bien le perdre et c'est important
Pour ne pas regarder devant
M'exploser la cervelle
Désappointé de ce qui m'attend
Ce serait dommage de tout gaspiller ce précieux temps
À essayer de réfléchir
Y a plein d'émissions en même temps
J'ai pris la forme de mon divan
Voici venu le temps de régurgiter le système
Voici venu le temps de regarder brûler les meubles
Voici venu le temps de se faire une tisane au tilleul
Voici venu le temps de dire à ceux qu'on aime
Je suis en paix
Vive le divertissement
Quand y'a plus de vie
Y'a plus rien de forçant
Je prends le temps de bien le perdre et c'est suffisant
Pour pouvoir regarder devant
Ménager ma cervelle
Dévalisée par le surtemps
Voici venu le temps de régurgiter le système
Voici venu le temps de regarder brûler les meubles
Voici venu le temps de se faire une tisane au tilleul
Voici venu le temps de dire à ceux qu'on aime
Tu fais de la bedaine
J'ai entre les dents
Un morceau de maïs soufflé de pogné
Je ne sais plus trop quoi faire
C'est le quatrième cure-dents que je détruis
La troisième fois que je vomis
Je m'en vais droit en enfer
Tous mes amis sont tournés vers moi
Même les policiers sont là
Périmètre de sécurité
C'est le chaos
Pendant que dehors
Se questionnant sur l'intérieur
M'acclament mes admirateurs
S'il vous plaît, pas de photos!
Ça y est j'ai une oreille de bouchée
À force de trop me moucher
En espérant que ça sorte par le nez
Je pleure, je prie, je crie, je supplie
Quelqu'un de retirer l'indésirable
De mon mâche-pain
Assez souffert, je prévois la fin
Je dois trouver un moyen
Mais j'ai perdu la confiance
Il n'en revient qu'à Dieu
Pendant que dehors
Se questionnant sur l'intérieur
M'acclament mes admirateurs
S'il vous plaît, pas de photos!
Je n'ai pas l'impression d'en demander trop
Dix heures dans le corps j'en ai plein le dos
Quand tout va mal tout est normal
Le monde ne sait plus tellement de quoi il parle
J'espère que c'est pour bientôt
Petit patapon
Je rêve au jour où à ton tour
Tu vas subir le chaos
Des gens sur qui tu as fait le motton
À chaque jour un peu plus
Plus de canons
Plus de télévisions
Plus de pollution
La gloire du capitalisme
Moi je trouve que c'est de la shit
Si on ne peut pas se contrôler
On est aussi bien d'arrêter
Pas de loi, pas de politique
Pas de fric, pas de gars comme moi
Qui à chaque jour rêve de plus dans le salon
Je vénère mon seul dieu, la télévision
À chaque jour un peu plus
Plus de canons
Plus de télévisions
Plus de pollution
Cette vie sans pause
Qu'on me propose
Cette vie morose
Qui ne veut rien dire
Si je dors mal c'est parce que je me lève pour qu'on m'arrose
Comme une forme qu'on veut produire
Je refuse d'être un pion dans un jeu de caves
Servir de chair à ce mirage
C'est l'autre porte qu'il faut ouvrir
Mettre le feu à l'empire
Faire une croix sur ce martyre
Faire une croix sur ce martyre
Que des conneries d'explications, de raisons qu'on m'impose
Je crois que j'ai ma dose de consommation
De ce but commun qui m'attire et tantôt me fauche
C'est impossible de grandir dans ce système
Sans marcher sur les autres
Sans marcher sur les autres
Pour bientôt mourir d'ennui
Avant de mourir d'ennui
Veuillez mal dormir cette nuit
Et la nuit sera longue
Faire une croix sur ce martyre
Et la nuit sera longue
Faire une croix sur ce martyre
Une grosse boule bleue qui roule
Comme un bateau qui coule
Tout ce qu'on a trouvé à y faire c'est l'enfer
On n'a pas cru en Jésus
On aurait peut-être dû
Maintenant il est trop tard
Tu peux aller chez le diable
Je me suis résigné
Je suis un condamné
C'est encore pire qu'être sale
Je suis un pourri sale
C'est encore pire qu'être sale
Je suis un pourri sale
Pleure pas sur ma vie
Tu en es un aussi
Reste plus qu'à oublier
Il me reste une couple d'années
De toute façon il n'y a personne a blâmer
Je n'ai pas la volonté
De me laisser tranquille
C'est plus fort que moi
Je n'arrête pas d'y penser
On est dans l'jus
Un cover dance de Cash Johnny dans le tapis
Roméo attend dans le stationnement de l'hôpital
Yvette est sûrement déjà sur la table d'opération
Pour que ses seins soient plus gros et plus ronds
Il rêve depuis des décennies
Que sa femme soit mieux équipée
Que la femme de son meilleur ami
Il se fout pas mal
Il se fout pas mal du prix
La peau c'est toute sa vie
Elle, c'est lui
Pendant ce temps Yvette elle terminait sa chirurgie
Enfin mes seins allaient améliorer ma qualité de vie
C'est excitant ma chérie, tu es bien plus belle depuis
Mais maudit que ça a l'air pesant
Roméo et Yvette sont toujours aussi malheureux
Mais au moins aujourd'hui, en ce moment
Le silicone est dieu de leur minable vie à deux
Avec sa cagoule il se présente au comptoir
Pour qu'on lui ouvre le tiroir
Elle refuse, il se fâche, elle se baisse
Se sauve le propriétaire
La police arrive c'est trop tard
Le sang coule tout le monde est mort
Par hasard
Le lustre est tombé sur leur tête
Le lustre
Fait couler le sang, déchire la chair
Le monde me disent des affaires sur toi
On est au courant de tous tes secrets
Le monde me parle de ta vie privée
On est au courant de toutes les filles que tu te fais
Car tu es traqué
Les potins vont se propager
Les filles me disent que tu ne baises pas bien
Que tu as déjà essayé d'enculer ton chien
Tu penses que tout ça va rester caché
Bientôt toute la ville va rire c'est vilain
Car tu es traqué
Par les potins de ceux qui n'ont rien de bon à raconter
Tu es traqué
Je n'y suis pour rien
Tenter de sombrer
Couché sous les wet pussy's
Écœuré de ce bang bang bang bang
Mon plafond, leur sol
Le cri lui vient, oui
Et ces aboiements qui me narguent
Tenter de sombrer
Tenter de sombrer
Tenter de sombrer
Tenter de sombrer
Couché sous les wet pussy's
Comblée dans ce bang-bang-bang-bang
Mon amour tu n'es plus là
Je m'ennuie reviens-moi, non ne me quitte pas
Je me sens si seule sur la terre sans ta peau, sans ta voix
Je suis fini à cause de toi
Je ne peux contourner le cliché, ce sale con me rend conne
Pardonne-moi d'être désolée
Mets-en épais ma belle
Il faut vendre 100 milles copies de notre poubelle
Je sais je tourne autour du pot
Je m'ennuie, je me haïs, je me fous de ce que je fais
Je radote leurs métaphores idiotes
Surtout pas le droit de dire fuck
Je ne choisis pas ce qui me plaît
C'est bien plus pertinent
L'art qu'il y a sur ma pinte de lait, je le sais
Mon cerveau ressemble à un œuf
Sauf que ma poitrine elle ressemble à deux cerveaux
Ils disent que je suis belle
J'ai de la corne sur les genoux, vive le miel
Toutes les causes humanitaires de la terre je les appuis
Et je retourne à mes affaires
Quand je raconte dans tous les détails
Que mon chien, que sa niche, son collier, sa crotte et sa laisse
Je vous sens intéressés
Parce que je suis une catin vous m'aimez c'est comme ça
Tous ces navets préfabriqués qu'ils font pour moi
Depuis le début de ma carrière
Sont très B.S. et je le sais mais que voulez-vous
Je suis une plombière de la scène
Je veux faire couler
Tous les millions de la terre sur ma tête
Je veux faire couler
Toutes les larmes de la terre en échange de mon âme
Les bandits, les meurtriers, nos politiciens
Les violeurs, les fous armés sont en liberté
C'est un pressentiment
On va la manger dans les dents
Ils vont se faire des colliers
On va finir dans un musée
Sous une glace
Avec brodé sur un beau voile de velours
Erreur de parcours
Les crosseurs du monde entier et leurs députés
Les branleurs contaminés sont en liberté
Vive le sang, haut les mains
Fermez vos yeux ça va bien
Ça fait plus de saucisses
Et ça paye bien les polices
Le pétard est chargé
Tout le monde a compris la descente
Y faut que le cash rentre
Les bandits, les meurtriers, nos politiciens
Les violeurs, les fous armés sont en liberté
Je vais bifurquer
Je suis désactivé
Par une surcharge d'impositions irréalistes
J'ajouterai à ma liste
Me sortir du jeu et tendre la main
Pour mieux être hors
De cette route
Qui ne mène à rien
Pour se questionner
En réanalyser
La substance même qui nous avale comme par éthique
Ils t'endorment et te dictent
De t'embarquer, t'enliser à pieds joints
Prisonnier de l'effort
Dans une course
Qui ne sert à rien
La vie tranquille dans le silence d'une page blanche
Crée l'abondance des lignes bleues vides
Lorsque mes yeux avides ne fixent rien
La vie paisible d'une feuille sans taches
D'une phrase parmi tant d'autres
Pourquoi ai-je envie de dire ce texte à voix haute?
Ai-je besoin de dire quelque chose qui me fait réfléchir?
La vie confortable d'une page dans son cahier a tout à espérer d'une plume
Je ne sais pas écrire
Pas plus que je ne connais la prose
Car naïf est mon esprit de croire tout ce qu'on suppose
Mais l'encre arrive à écrire sans penser à ce qu'on devrait y lire
Et même si les rimes ne parviennent pas jusqu'à ma mine
Ai-je besoin d'en dire plus?