Requiem pour les sourds

CRÉDITS

Guitare et voix : Guillaume Beauregard
Guitare, voix et piano : Marie-Eve Roy
Basse : Maxime Beauregard
Batterie : Patrick Landry

Paroles et musique : Vulgaires Machins

Réalisation : Gus van Go et Werner F. au Studio Boiler Room à Brooklyn (NY) en octobre et novembre 2009
Mixage : Gus van Go et Werner F.
Mastering : Ryan Morey

Conception graphique et illustration : Sébastien Thibault

Parution originale (2010) sous l’étiquette Indica Records

Réédition en format vinyle (2022) sous l’étiquette Costume Records

PAROLES

Merci pour les distances et les contradictions Les croyances qui triomphent sur la réflexion Merci pour les frontières, les lignes et les règles Merci pour la guerre j'avais besoin de haine Merci pour l'histoire, un tissu de mensonges La statue d'un fasciste coulée dans le bronze Merci pour l'amnésie quand me revient le doute Des idées reçues qui ont pavé ma route Je suis presque comblé Sur le point de dormir en paix Je suis presque complet Manque plus que ma dose de Valium Presque comblé Merci pour les excès, il s'agit d'être riche Merci de mettre un prix sur tout ce qui existe Merci pour la morale et la bienséance Merci pour les sans-abris j'avais besoin d'exemples Je suis presque complet Manque plus que ma dose de Valium Je suis presque comblé Manque plus que ma dose de calmant Presque comblé Je suis presque comblé J'ai intégré l'art de l'absurde Sur le point d'être complet Manque plus que ma dose de Valium Pour espérer Pour exister Presque complet
Quelle vaste hypocrisie nous assène Pour donner l'impression Qu'ils ont la volonté du geste En fonction de ce qu'on adresse Le pouvoir au peuple est la fausseté la plus crasse La voie qui dicte ce n'est pas celle qu'on exerce Quel drôle d'embarras qui s'expose La planète appartient à d'autres On ne peut pas réformer leur système Tu appartiens à d'autres Témoin d'un pillage intégral J'hallucine devant un bilan irréfutable On ne peut pas réformer le système mais détruire le mythe On ne peut pas réformer ce système mais détruire le mythe Détruire le mythe, détruire le mythe de la démocratie Quelle vaste hypocrisie nous assène Abreuvés d'inutile On ira en rang voter dans le vide À genoux devant l'insipide, aveuglés mais par dépit On est libre d'aller jusqu'au bout de nos chaînes Ils veulent coloniser ma tête Pour que mon confort soit inhérent à mon arsenal de guerre Toute une nation indivisible dans la possession La procédure funéraire est en action On ne peut pas réformer le système, mais détruire le mythe On ne peut pas réformer ce système, mais détruire le mythe Détruire le mythe, détruire le mythe de la liberté d'presse Le fossé se creuse entre l'histoire et la vérité Et merci au divertissement et aux sports Il y a tellement trop peu de Chomsky Pour le pourcentage de LCN, de Snyder, de Gretzky On peut dire que leur sale plan fonctionne, détruire le mythe Plus besoin de s'en faire pour personne, détruire le mythe Détruire le mythe, détruire le mythe de la justice mon frère
Regarde le poison qu'on s'est injecté Tu restes impassible et moi névrosé Je rêve d'une scène déserte Mais surtout d'une raison à nous donner J'ai récolté ce que je mérite Nous sommes des parasites Nous sommes des putes Nous ne sommes qu'un prétexte Pour vous faire regarder de la pub Nous sommes des parasites Nous sommes de grands artistes La culture avec un grand C Pour élever l'âme au-dessus du reste Tu as trouvé nos textes un peu tristes Et notre vision alarmiste Il faut rester muet pour être écouté L'accepter comme une finalité J'ai récolté ce que je mérite Nous sommes la crosse du siècle Nous sommes l'industrie du disque Ce qu'on a payé 3,07 $ On vous le vend 30,58 $ Nous sommes des parasites Nous sommes des putes Nous ne sommes qu'un prétexte Pour vous faire avaler de la pub Nous sommes des parasites Comme le calme avant l'orage J'ai la conscience en otage Comme le calme avant l'orage J'ai la conscience en otage
Mon âme implosera d'être vide Je ne crois plus en rien, tu crois que tu m'achètes Un sourire pour me laisser croire que tout va bien Tu éteins la lumière pour me vendre une étincelle Mon cœur explosera d'être vide Explosera d'être seul Le ciel qui se déchire L'orage qui se lève Et les murs en nous qui se dressent Ce rêve implosera d'être vide Je crois que la règle est devenue le crime Tu m'as peint en noir dans le fond d'une pièce Et d'un coup je doute que demain existe Ton cœur explosera d'être vide Explosera d'être seul Le ciel qui se déchire L'orage qui se lève Les murs entre nous qui se dressent Et les murs en nous qui se dressent Les murs entre nous qui se dressent
Mes pâtes sont trop cuites Mes œufs goûtent la truite Il y a tellement de sel Que mes reins abdiquent Et d'un bout à l'autre De la belle province C'est le boulevard Taschereau Qui nous sert d'exemple Ça me dégoûte dans mon organisme C'est juste une texture qui se mange Tant qu'il y a des grosses portions on est content Du sirop de poteau, amènes-en La vie est trop courte La vie est trop belle Mais comment vous faites Pour rater l'essence Tu t'approches de moi Et ça y est je tremble C'était prévu, tu me donnes Des déchets qui se mangent Et qui goûtent pour le moins étranges C'est juste une texture qui se mange Est-ce que c'est notre table qui hallucine ou il y a d'autres clients Qui ont un pouce d'eau dans leur spaghetti Juste une texture qui se mange Vomi Juste une texture qui se mange Je t'en prie Un cuisinier ça se change Tu me dis Oui mais au moins on mange
Êtes-vous bien assis? Bien nourris? Rassasiés? Prisonniers dans le piège? Bien investis? Rassurés? Conquis par la faiblesse? Confortés par le silence et l'ivresse? Marchez-vous dans la merde en regardant vers le ciel? Contemplez-vous le vide comme une abondance de rien ou êtes-vous juste Assourdis par la clameur de la détresse? Et dans le brouillard, la noirceur et la brume Êtes-vous prêts à tomber Ce n'est pas une partie qui peut finir nulle Êtes-vous prêts à tomber As-tu la tête qui se déchire et le cœur qui saigne? Tu n'as plus besoin de le dire, il n'y a plus personne qui écoute Les gens sont heureux d'être opprimés au Quartier Dix30 As-tu des douleurs au ventre ou c'est moi qui hallucine Une autoroute en pleine ville et un cancer dans un biberon? Ébloui à la vue d'une évidence La fin d'un fantasme, le début de la chute Êtes-vous prêts à l'avouer Que sous le pouvoir qui corrompt et nous ruine On ne peut que tomber Et dans le brouillard, la noirceur et la brume Êtes-vous prêts à tomber Ce n'est pas une partie qui peut finir nulle Je suis prêt à tomber Et dans le brouillard, la noirceur et la brume Je suis prêt à tomber Je suis prêt à tomber Prêt à tomber
Entre Roberval et Trois-Pistoles Dans les odeurs de pétrole Par ma fenêtre sale j'espionne le Québec Ça sent le chômage et l'alcool Je reviens chez moi la tête vide Et le cœur rempli parce qu'hier soir Tu as écrit sur la poussière de la remorque Un peu d'éloges et de réconfort Sans savoir tu as donné une raison À cinq cents kilomètres de glace noire Sans savoir tu as donné une raison À cinq cents kilomètres de glace noire
Tu peux laisser mon cœur s'anéantir Dans le désert que tu sèmes Cracher sans peine et partir Jusqu'à nier que je saigne Je n'avais pas besoin de ta voix Et tant besoin de ta peau Sauras-tu faire ton chemin de croix Est-ce qu'il faut se tourner le dos Je m'excuse… je t'aime Je m'excuse… je t'aime Je m'excuse… je t'aime J'ai imploré le ciel, prié en vain De ne pas me réveiller demain Est-ce qu'il t'arrive d'avoir froid Est-ce qu'il t'arrive d'avoir faim Bien logé et le ventre plein J'ai brûlé les ponts qui vont vers toi Je chantais que la vie est laide Et je te mentais à moi Je m'excuse… je t'aime Je m'excuse… je t'aime Je m'excuse Je m'excuse… je t'aime Je m'excuse… je saigne Je m'excuse… je saigne Je m'excuse… je t'aime
Comme une bouée au milieu de nulle part Tu as peint le bonheur sur mes idées noires Plutôt périr que subir tes absences Plutôt mourir qu'accepter le silence Comme la raison d'expliquer ma présence Enfin un peu de lumière sur le non-sens Tu es la plus belle mélodie du monde Tu m'as réanimé pour l'instant D'une seconde qui passe Tu as masqué l'affliction Et le désert entre nos regards Dis-leur la haine en moi qui tombe Donne-leur l'explication Mets le volume un peu plus fort Sans ta présence je m'éteins sans remords Tu me fais tourner la terre dans le bon sens Tu me fais pleurer pour éteindre la tourmente Tu seras toujours le meilleur des exemples Au-dessus des horreurs de ce monde imbécile Toute sa folie, ses raisons, sa violence Tous les mensonges, mon cœur qui se déchire Je vais continuer de croire À toutes les secondes qui passent A lutter l'affliction Tu me donnes le courage d'offenser encore Tu me donnes la preuve, je n'ai pas eu tort Tu me donnes une exception Mets le volume un peu plus fort Le temps d'une seconde qui passe pour lutter l'affliction Et le désert entre nos regards Dis-leur, le doute en moi est mort devant l'aversion Même si la question revient encore Est-ce qu'il faut que je vive Ou il faut que je meure Est-ce qu'il faut que je ris Ou il faut que je pleure Est-ce qu'il faut que je m'invente la lumière Que je m'invente le bonheur Le courage de rester et panser le malheur J'inventerai l'impossible, j'inventerai l'impossible
Tu aimerais ça une chanson acoustique Qui parlerait d'un signe de paix en velours Oui mais moi j'aimerais vivre vite Et même en mourir jeune, con et sourd T'adores Lapointe, Lapointe et Lapointe Ils font trembler ton âme romantique Ma mère met ça, quand elle me fait un lift Et ça fait ralentir le trafic J'aimerais mieux que le ciel tombe Que de ralentir au cinquième disque J'aimerais mieux que le ciel tombe Je vais encore m'endormir sur la switch Tu vas encore gagner à l'ADISQ Tu vas encore bouleverser mes tantes Tu vas encore ruiner le silence Arrête de me parler de lui à Noël Ses reprises des années 70 Arrête aussi de me parler d'elle Ça me fait trop penser à l'hospice J'aimerais mieux que le ciel tombe Que de ralentir au sixième disque J'aimerais mieux que mon band tombe J'aimerais mieux que le ciel tombe Que de ralentir au septième disque J'aimerais mieux que mon band tombe Amen
Je suis un punk de droite Je suis un mythomane Je suis un démocrate Nos fans m'appellent madame Je suis un fusil de chasse Je suis l'accent du Lac Je suis le pont qui tombe Et le médecin malade Je n'ai jamais eu autant de mal A réchauffer mon cœur de glace Je suis seul et je marche parmi les morts, parmi les ombres Tu écriras : « N'ayez plus peur ! » sur ma tombe Je suis la trame du film De nos vies calculées Et la main invisible Qui sauvera le marché Je suis un psychopathe Je suis l'eau de ton île Je suis le pédophile Qui marche autour du parc Je sais bien, il faut marcher seul Je sais bien, je vais mourir seul Je n'ai jamais eu autant de mal A réchauffer mon cœur de glace Je suis seul et je marche parmi les morts, parmi les ombres Tu écriras : « Je n'ai plus peur ! » sur ma tombe Je suis l'idée d'une bombe Je suis un irréparable Je suis brisé par l'écueil et rassuré par le mal Je suis le poids qui monte Je descends la rivière morte Je suis la mort et l'amour et le destin et ton escorte
Je sais que tu en as assez D'essuyer ma rage C'est mieux de chercher la lumière Que de pointer l'orage Je sais qu'à la première vue Ça te semble invivable et vain D'avoir pour seul point de vue Une rancœur sans fin C'est qu'au fond je cherche un peu de lumière Une raison d'exister dans tout ce non-sens Mais plus je comprends et moins je prospère Et pourtant je t'aime plus que toute ma colère Je sais que tu en as assez De ma provocation De ma condescendance Et de ma dérision Je sais de ton point de vue Ça devient insupportable D'avoir pour seule perspective Un désastre inévitable Ça te paraît étrange, ça me paraît logique Ma raison d'exister c'est moi qui l'invente Et plus je comprends, moins je prospère L'amour que j'ai pour toi suffit à ma colère Je sais que tu en as assez D'essuyer ma rage C'est mieux de chercher la lumière Que de pointer l'orage Ça te paraît étrange, ça me paraît logique Ma raison d'exister c'est moi qui l'invente Et plus je comprends et moins je prospère L'amour que j'ai pour toi suffit à ma colère L'amour que j'ai pour toi suffit à ma colère L'amour que j'ai pour toi suffit à ma colère
Oh… Tu nous assourdis, tu nous brises, tu nous violes, tu nous voles Tu nous crèves, tu nous meurtris et nous achèves Il y a trop de mensonges dans nos têtes Trop de poison dans nos veines Nos lendemains qui s'effondrent Mourir pour le système Oh… Tu nous exploses, tu décimes, tu imposes, nous opprimes Nous enchères et nous tais et puis tu nous délaisses Comme des proies on obéit au code Et on danse comme des marionnettes Comme des accessoires qu'on adopte Jusqu'à ce qu'on les jette Avec toi si je tombe avec toi Avec toi, moi je reste si tu tombes Je tomberai avec toi Oh… J'ai accepté, je me résigne, tu me complètes, tu m'assassines Tu m'emprisonnes, tu m'interdis, tu me façonnes Même si devant l'inquiétude qui se dresse Sans y réfléchir un instant On prend le dernier train qui reste Mourir pour le système Je vois derrière le voile, je vois tes yeux Je vois ta peau qui brûle et ton sang couler sous l'averse Je vois ta main qui tremble et mon cœur noyé par tes larmes Et j'y perdrai mon âme, on récolte ce que l'on sème Mourir pour le système Avec toi si je tombe avec toi Avec toi, moi je reste si tu tombes Je tomberai avec toi
 
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