Contempler l’abîme
CRÉDITS
Guitares, voix, piano et synthétiseurs: Marie-Eve Roy
Guitares et voix : Guillaume Beauregard
Basse : Maxime Beauregard
Batterie : Pat Sayers
Featuring vocal (L’effondrement qui vient) : Jenny alias J.Kyll Salgado
Mouvements symphoniques : Orchestre symphonique de Budapest
Arrangements symphoniques : Guido Del Fabro
Commentaire sur Terminé le fun : Bernard Stiegler
Paroles et musique : Guillaume Beauregard et Marie-Eve Roy
Réalisation : Gus van Go au Studio PM à Montréal et au Studio Giant à Toronto entre janvier et mars 2025
Mixage : Gus van Go
Mastering : Ryan Morey
Photos couverture et back cover : Renaud Philippe
Photo du groupe : Gaëlle Leroyer
Paru le 17 novembre 2025 sous l’étiquette Costume Records
PAROLES
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Mesdames et messieurs c’est la fin
Il était temps qu’on y arrive
Il aura fallu qu’on décrisse
Les ¾ de tout ce qui existeMesdames et messieurs c’est la fin
Comprenez la mise en abîme
Comme un jet d’amour impossible
Dans la grande rupture d’équilibreMesdames et messieurs c’est la fin
De nos monologues unanimes
De nos paradoxes insolubles
De nos angoisses d’apocalypseMesdames et messieurs c’est la fin
Il aura fallu qu’on décrisse
Les ¾ de tout ce qui existeMesdames et messieurs c’est la fin
Une nouvelle ère se dessine
Et maintenant nous tend la mainC’est terminé le fun
À l’aide à sortir de ce paradigme
À rationaliser ce monde inique
Y’a rien d’utile, tout est délétère
Dans le vomi verbal du développement écologiqueÀ me dissocier pour me convaincre
Qu’après le virage c’est le triomphe
Pendant que je pleure le monde commun qui s’effondreÀ l’aide à rêver, à l’aide à aimer
Aliéné, manœuvré, institué
C’est dur à dire mais j’ai du mal à vivre
Dans l’emballage de nos conversations décorativesÀ me dissocier pour me convaincre
Qu’après l’orage c’est le triomphe
À faire le deuil du monde commun qui s’effondreQue je ne suis pas tout seul
Je ne suis pas tout seul
À toucher le fond de cette vie absurdeC’est terminé le fun
Il était temps qu’on y arrive
Il aura fallu qu’on décrisse
Les ¾ de tout ce qui existeVers un silence commun
Pour contempler l’abîme
Dans le miroir opaque de la névrose
Raisonner la folie
Le mal de vivre
Une salle d’attente de fin du mondeVers un silence commun
Pour contempler l’abîme
Devant les lambeaux d’espoir qui s’étiolent
Ce sentiment connu
De ne plus croire
Comme un prélude vers la révolte« C’est la crise de ce qu’on appelle maintenant le consumérisme. C’est une crise extraordinairement grave… sans aucun doute la plus grave que l’humanité n’ait jamais connue… et c’est une crise à laquelle absolument personne n’ose vraiment s’attaquer ».
-Bernard Stiegler
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Paroles & musique : Guillaume Beauregard
Enfin c’est la fin notre étoile est morte
Rêvons ce temps où la folie avorte
La fin du drame et la fin d’une époque
Enfin l’industrie culturelle est morteC’est la fin des inquiétudes infécondes
La fin de la flore, la fin de la faune
Fin de la psychose et fin de l’ivresse
Enfin c’est la fin de croire aux promessesVers un silence commun
Pour contempler l’abîme
Des voies sans issue et des portes closes
Ce sentiment connu
De ne plus croire
Que les reflets d’une étoile morteLa fin des prières la fin des licornes
La fin du futur et la fin du punk
La fin de l’ironie démocratique
La fin des vierges fonds océaniquesLa fin des filles et des femmes en botox
La fin des témoins qui sonnent à ma porte
La fin des banquises et des satellites
La fin du délire idéologiqueLa fin de l’ordre et du déséquilibre
Fin de la matière et la fin du vide
Fini d’habiller Pierre pour habiller Paul
La fin des GAFAM au fond de ma gorgeC’est la fin de la forêt boréale
La guerre entre Québec et Montréal
La fin de la faim au fond de l’Afrique
La fin des États-Unis d’AmériqueLa fin du carnage néolibéral
La fin du calme sur le littoral
De l’abondance et des négationnistes
Fin des osties de gros hummers métalliquesEnfin c’est la fin notre étoile est morte
Rêvons ce temps où la folie avorte
La fin du drame et la fin d’une époque
Enfin l’industrie culturelle est morteOm mani padme hum
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Paroles & musique : Marie-Eve Roy
Oh il n’est, il n’est pas dans nos gènes
Il n’est ni dans notre ADN
Il ne, ne coule pas dans nos veines, il ne
Oh il est, le boulet que l’on traîne, il est
Oh il est, le travail à la chaîne, il estBrisé, à jamais lié
Le prix à payer
Au pied du mur, reculé
Brisé, déshumanisé
Sans demi-mesure
On se déchire, épuiséOh il a, il a fini son règne
Il ne, il ne rit plus il saigne, il est
Prisonnier de sa peine, il est
Oh il est, l’entrave que l’on traîne, il est
Oh il est, le travail à la chaîne, il estBrisé, à jamais lié
Le prix à payer
Au pied du mur, reculé
Brisé, déshumanisé
Sans demi-mesure
On se déchire, épuiséBrisé, le cœur déchiré
Épuisé -
Paroles : Guillaume Beauregard & Jenny alias J.KYLL Salgado. Musique : Guillaume Beauregard
Pris dans les silos immenses d’une réflexion en trêve
Dans nos écoles transformées en usines de citoyens modèles
Où on enseigne le cynisme face au moins pire des systèmes
Pour bâtir des Best Buy autour de nos ghettos modernesDans le fantasme absurde de mettre les riches en orbite
Pour que la plèbe puisse chier en regardant des channels de fascistes
Pour contempler le vide intersidéral
S’fourrer de la 100G dans la gorge avec une paille recyclablePour mieux faire du chiffrage, remaniage, transgression du langage
Dans l’ombre opaque d’un mirage jusqu’au prochain suffrage
Foudroyé de honte par l’opulence assassineEt détrempé de foi
Dans un baiser d’adieu
Ceint de fleurons glorieux
J’écoute Ravel et Brahms
Champagne en main
L’effondrement qui vientQuand c’est pas la mer, c’est l’amertume qui tue
Le rêve qui veut t’asphyxier
La démocratie qui nous malmène :
« My man…
Appelle-moi M’sié »La liberté te mord
Dévore ton futur à chaque bouchée
La fable qui endort l’homme
Que la femme va accoucher!Est-ce que l’amour suffira
Se fiera au temps qui a raison?
Va-t-elle lui donner sa vie… ou ses bras
Son cordon de pendaison?
Sa guerre,
La peur de l’inconnu, de l’histoire qu’on écrit?
Se vaincre ou se taire
Avant que l’enfant desserre les poings et lâche son premier cri?Ayida Wedo!
Que le ciel m’accompagne!
Le bébé sur le dos
La mitraille sur le pagne
Banger dans la bagnole
Ce soir, on sort du bagne!
Champagne au sol car le rêve crève…
Que le jour se lève!Et détrempé de foi
Dans un baiser d’adieu
Ceint de fleurons glorieux
J’écoute Ravel et Brahms
Champagne en main
L’effondrement qui vient -
Paroles & musique : Guillaume Beauregard
Ce matin Pierre-Arthur est parti à l’école avec un gun
Léonie depuis hier soir se fait vomir pour se sentir mieux dans son corpsNon madame, non monsieur
Et tout ce qui existe entre les deux
Ce n’est pas fini, ce n’est qu’un début
On lâche pas la gang
On continue… on continue!Olivia étudie par hasard la pornographie juvénile
Gabriel n’est plus là pour nous raconter sa surdose de fentanylNon madame, non monsieur
Et tout ce qui existe entre les deux
Ce n’est pas fini, ce n’est qu’un début
On lâche pas la gang
On continue… on continue!En ces sombres temps de sarcasme obscène
D’une ère sans époque, de noirceur extrême
C’était mieux avant, on verra demain
Un peu plus haut, un peu plus loinNon madame, non monsieur
Et tout ce qui existe entre les deux
Ce n’est pas fini, ce n’est qu’un début
On lâche pas la gang
On continue… on continue -
Musique : Guillaume Beauregard
Instrumental
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Paroles & musique : Marie-Eve Roy
Les voix dans ma tête
Sans arrêt ni silence
Me parlent et me répètent
De rester dans la danse
Mais je ne suis pas faite
Pour tenir la cadence
Vivre en état d’alerte
Dans un plan séquenceEt quand le temps s’arrête
Tout recommence
Que lorsque je m’arrête
Tout recommence
Lorsque je m’arrêteLes mots dans ma tête
S’envolent dans tous les sens
Le temps que je regrette
Me pourrit l’existence
Car je ne suis pas faite
Pour nier ton absence
Qui m’embrase le cœur
Me brûle en silenceEt quand le temps s’arrête
Tout recommence
Que lorsque je m’arrête
Tout recommence
Lorsque je m’arrête
Tout recommence
J’fais le vide dans ma tête
Je tourne la cassette
Lorsque je m’arrête
Je recommenceÀ prendre un pas de recul
À panser la démesure
De ma culpabilité
Accuser l’impertinence
De courir à contre-sensEt quand le temps s’arrête
Tout recommence
Que lorsque je m’arrête
Tout recommence
Lorsque je m’arrête
Tout recommence
J’fais le vide dans ma tête
Je tourne la cassette
Lorsque je m’arrête
Tout recommence -
Paroles : Marie-Eve Roy, Musique : Guillaume Beauregard
Je tombe et me relève
Puis m’effondre à genoux
La peur au bout des lèvres
Les promesses qui s’envolent
Des larmes sur le sol
Des larmes dans mon cou
Le plancher se déforme
Je ne tiens plus deboutEncore une avalanche qui déboule
Une voile qui s’affale
Mon âme tremble et se courbe
Sous les cris, cachée sous la table
Aveuglée par le mal
Ensevelie sous les barricades
Une lutte interminable
Un déluge de pluie, de feu, d’injures, de coups, de grêle et de larmesJe ferme les tiroirs
Évite le miroir
Redéfinis le pire
Survis à ce délire
Du rouge sur les joues
Le regard un peu flou
Tout pour ne pas tomber
Dans la cage d’escalierEncore une avalanche qui déboule
Une voile qui s’affale
Mon âme tremble et se courbe
Sous les cris, cachée sous la table
Aveuglée par le mal
Ensevelie sous les barricades
Une lutte interminable
Un déluge de pluie, de feu, d’injures, de coups, de grêle et de larmesUn déluge de pluie, de feu, d’injures, de coups, de cris, d’averses, de grêle et de larmes
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Paroles & musique : Marie-Eve Roy
Il faut se jeter à l’eau
Plonger dans le néant
S’il faut quitter le bateau
Inondé par la peurEst-ce la marée que j’entends?
Elle monte ou descend
Balancée par le vent
Plus rien ne semble comme avant
Le déferlement des vagues sur le tempsIl faut se jeter à l’eau
Plonger dans le néant
S’il faut quitter le bateau
Inondé par la peurJusque dans les profondeurs
Au fond de l’océan
Il faut partir avant l’heure
Emporté par le même courantL’onde émise dans le noir
Se brise sur le phare
Elle revient et repart
Sur l’immensité de l’océan
La fin des tourments
Vers un nouveau départIl faut se jeter à l’eau
Plonger dans le néant
S’il faut quitter le bateau
Inondé par la peur
Jusque dans les profondeurs
Au fond de l’océan
Il faut partir avant l’heure
Emporté par le même courant -
Paroles & musique : Guillaume Beauregard
Réfléchir c’est nul mieux vaut me cramer les synapses
En payant mes impôts pour financer de l’asphalte
Ne me reste plus que l’absurde du temps qui déconne
La confusion et la douceur amère de l’opium
La cadence obscène de nos vies dans la démesure
La ruine de l’avenir tant que la livraison est incluseRefuser la suite
Libérer la foudre
Malgré le déluge et la chute
Continuer la lutte
S’emparer du sens
Réapprendre à vivre ensemble
Depuis que j’bois plus ma prison est beaucoup plus vaste
Pour juger tout le monde pendant que moi j’fous rien qui vaille
Mes enclaves de béton plus grandes que mes ambitions
Affronter la déprime ben gelé sur les amphétaminesRefuser la suite
Libérer la foudre
Malgré le déluge et la chute
Continuer la lutte
S’emparer du sens
Réapprendre à vivre ensemble
Et je chante, et je chante, et je chante oh mon amour!
Et je chante et je chante et je chante, chante avec nousEt je sais que la peur paralyse
Mais j’essaie de tenir sans me dire
Tout est vain c’est la vie
Incroyable mon amour, formidable mon ami
Le manège dans la tête, dans l’espace infiniAlors je chante
Que tout était si prévisible
Et cet air tellement monotone
Comme un cri du cœur inaudible -
Paroles & musique : Guillaume Beauregard
Et on relance
Ce pamphlet de l’incertitude
Ce cliché de la servitude
Ce simulacre de résistanceEt puis on plonge
Dans le vertige de nos inquiétudes
Asservis dans un protocole
À respecter le processusAlors on chante
À l’unisson la rhétorique
De la rectitude commerciale
Comme une loi métaphysiqueJusqu’à ce qu’on tombe
De fatigue et de lassitude, abreuvés à même nos rivières insalubres
Jusqu’à ce qu’on sombre
Dans la barbarie, la tristesse, dans l’isolement collectif et l’abandon
Faire sécession